Le 13ème Bataillon de Chasseurs Alpins…

Notre cher Bataillon Savoie...

Le quartier Roc Noir




Depuis leur création, les Chasseurs, qu'ils soient à Pied ou Alpins, au travers des incessants changements qu’ils ont connu dans le nombre et l’organisation de leurs unités, ont toujours fait partis de l'élite ! Créé il y a plus d’un siècle et demi, le 13e BCA est l’un des plus illustres Bataillons de Chasseurs Alpins.
Corps d'infanterie motorisée de la 27e BIM depuis le 1er juillet 1999, le 13e Bataillon de Chasseurs à Pied est créé par décret impérial le 22 novembre 1853, puis effectivement formé à Besançon le 23 janvier 1854. Il devient Bataillon Alpin en 1888.



Vidéo de présentation des Chasseurs Alpins de la 27eme Brigade d'Infanterie de Montagne (27e BIM)




L'histoire du 13...


Corps d’infanterie motorisée de la 27ème Brigade d’Infanterie de Montagne depuis juillet 1999 au sein du Commandement de la Force d’Action Terrestre (CFAT), le 13ème BCA est une unité forte d’environ 1200 hommes entraînés pour accomplir des missions diverses et variées, en montagne ou non. Fidèle à sa devise "Sans peur et sans reproche", il obtient sept citations durant la Grande Guerre et reçoit la fourragère aux couleurs de la médaille militaire. En 1940, sa résistance héroïque sur la Somme lui vaut sa huitième citation.
Enfin, en 1945, il obtient sa neuvième citation lorsqu’il enlève brillamment le Roc Noir, alors position clé du col du Petit Saint-Bernard.


En juin 1980, il quitte le quartier Verlet-Hanus de Chambéry pour s’installer en périphérie, au quartier Roc Noir à Barby, inauguré le 2 octobre 1981 par Charles Hernu alors ministre de la défense de l'époque.
En 2004, le Bataillon a organiser les cérémonies célébrant ses 150 ans d’existence et d’engagement au service de la France et des Troupes de Montagne...



Le 13e BCP avant l'Alpinisation


La guerre de 1870 terminée, les officiers et soldats prisonniers de guerre rentrent en France. Le 13 mai 1871, une circulaire ministérielle prescrit la fusion des anciens Bataillons de Chasseurs à Pied et de marche. Le 13e de marche assimile les éléments rentrant de captivité. Par décret du 28 septembre 1873, l’armée française s’organise autour de dix-huit corps d’armée. Le 13e BCP est alors intégré au IXe corps et tient garnison à Tours à partir d’octobre 1873.

En 1873, la loi-cadre met en cause l’existence des Chasseurs. Des débats houleux et passionnés agitent alors la Chambre des députés. Le ministère finit par renoncer à son projet. Les trente Bataillons de Chasseurs à Pied existants sont maintenus, toutefois réduits de huit à cinq compagnies, dont une de dépôt. Cette loi est à l’origine du célèbre chant La Protestation.

Le 25 septembre 1878, les Chasseurs célèbrent pour la première fois solennellement l’anniversaire de Sidi-Brahim, commémorant ainsi les héroïques combats menés par le 8e BCP du 21 au 26 septembre 1845. Les détails de la fête sont décidés par les commandants de Bataillon qui se trouvent au camp de Châlons pour des expériences de tir.

Du 10 octobre 1880 au 1er septembre 1882, le 13e Bataillon de Chasseurs stationne en montagne, à Embrun et à Mont-Dauphin. Durant l’été, il explore pendant plus d’un mois la frontière des Alpes dans la région du Queyras et du Briançonnais, suivant ainsi l’exemple d’autres bataillons (dont le fameux 12e BCP du commandant Arvers). En septembre 1882, il rejoint Chambéry pour y tenir définitivement garnison.

Courant septembre 1882, Chambéry fête le retour de manœuvres de ses militaires...
La ville acclame ses dragons, ses soldats, mais ignore les Chasseurs du 13e BCP qui viennent prendre possession de leurs locaux et défilent en dernière position. Souhaitant renforcer la défense des frontières montagneuses par des Bataillons de Chasseurs à Pied, l’état-major affecte le 13e à Chambéry en 1882, à la caserne Curial1, déjà partiellement occupée par le 97e de ligne. La caserne d’infanterie est insuffisante pour contenir à la fois le 13e BCP et le 97e de ligne qui reçoit l’ordre de détacher de nombreuses compagnies à Montmélian, Barraux et Grenoble, réduisant ainsi à 900 le nombre de ses fantassins présents à Chambéry. Le 13e BCP ne peut, du fait de l’exiguïté de la caserne, se doter d’une artillerie de montagne, ni posséder ses mulets.

Dès la fin de l’année 1883, des négociations entre le maire, M. Ducret, et le général Segrétain, du comité des fortifications, sont entamées pour construire un nouveau quartier pour les Chasseurs, laissant au 97e la caserne actuelle. Deux projets sont d’abord retenus, situés l’un à côté des abattoirs, l’autre proche des nouvelles écuries de mulets. La municipalité met en place, dès l’automne 1883, une commission de cinq membres, car d’autres villes de Savoie font à l’administration militaire des propositions alléchantes. En 1889, le 13e Bataillon de Chasseurs Alpins s'installe au Quartier Joppet.

La guerre 1914 - 1918

Comme chaque année le Bataillon se trouve, depuis le 9 juillet, dans le secteur de Lanslebourg pour les traditionnelles manoeuvres d'été lorsque éclate la déclaration de guerre de l'Allemagne le 3 Août 1914.

Le 27 août après un transport en bus et une marche forcée, le Bataillon gagne le bois de Mandray où le Bataillon fait 250 prisonniers. Le 29 août, le 1 et le 22e BCA attaquent Mandray par les crêtes, le Bataillon pers son 1er chef de corps, le commandant Verlet-Hanus. Du 02 au 04 septembre à la Tête de Behouille : 125 morts et 271 blessés. A cette date, aucune compagnie n'a plus de cent Chasseurs et tous les cadres de carrière ont été tués.

Bilan: Du 27 Août au 4 novembre, le Bataillon a empêché les Allemands de s'emparer d'Epinal en les contenant sur le col de Mandray : 323 morts et environ 700 blessés.

1915 : L'alsace et l'Hartmannwillerkopf

Le 19 janvier, le Bataillon est engagé dans les combats de l'Hartmannwillerkopf, à 800m d'altitude, en pleine neige. Le 22 janvier, le 13 semble pouvoir s'emparer du sommet mais le commandant Barrie, chef de corps du Bataillon tombe mortellement frappé. Un petit groupe encerclé du 28e BCA voit détruire ses dernières munitions, le dernier boyau de résistance françaisetombe et le sommet devient Allemands.

Bilan: Relevé le 19 mars, par le 7e BCA, le Bataillon a perdu 586 hommes dont 290 à cause de pieds gelés !

Les Vosges et l'Hilsenfirst

Le 15 juin l'attaque éclair permet de conquérir le sommet de l'Hilsenfirst culminant à 1270m et ceintré de tranchées et fortifié.Les conditions du combat sont dures, l'eau étant distribuée en quantité suffisante.

Bilan: En raison de la dureté des combats, le Bataillon est au repos. Après 13 mois de conflit, le Bataillon déplore 800 morts et 1650 blessés. La 2e compagnie reçoit, le 28 Août, la croix de guerre sur son fanion; le fanion de la "Belle deux".

En 1916...

En début d'année, le 13e est en réserve à l'Hartmann puis en première ligne dans le secteur de Metzeral. En mars, il s'installe dans les Vosges au secteur de la Tête de Violu. Le 29 mai le Bataillon rejoint l'Alsace et le secteur du Linge.
Le massif du Linge est surnommé "le tombeau des Chasseurs" et "le ravinde la mort". A partir du mois d'août le Bataillon rejoint la Somme. Le 3 septembre le Bataillon atteint ses objectifs au prix de 500 tués ou blessés. Le 20 septembre, il perdra encore 200 homme tués ou blessés et du 4 au 11 novembre, il aura 80 morts et 292 blessés.

De 1917 à 1918...

Après divers déplacement en Alsace, il est dirigé sur la Marne puis dans l'Aisne. Alors qu'il devait monter en ligne, le 20 octobre il reçoit l'ordre d'embarquer pour l'Italie où il restera jusqu'au 8 avril 1918.Le nord... du 27 mai au 8 juin, le Bataillon perdra 272 Chasseurs tués ou blessés.

La ligne Hindenburg

Les combats et les succès du 13 lui valent pour la période du 10 au 30 août une citation à l'ordre de la division. Les 6 et 7 octobre, le Bataillon reçoit l'ordre de s'emparer de la Ferme-Tilloy où dénombre 15 morts, 60 blessés mais fait 400 prissonniers. Tous les grands obstacles de la ligne Hindenburg ont été enlevés.
Le Bataillon attaque le 5 novembre et franchit le canal d'Etreux. En première ligne le 9 novembre, le 13 ne peut plus aligner que 185 fusils.

Bilan:Le 13e BCA a perdu, en 1552 jours de présence à la querre, 1473 Chasseurs. Après avoir obtenu 7 citations dont 4 à l'ordre de l'armée, le 13e BCA reçoit la fourragère aux couleurs de la Médaille Militaire.

De 1919 à 1945...

Après l'armistice, il participe à l'occupation de la Rhénanie, puis la Haute-Silésie jusqu'en 1922. De retour à Chambéry, il reste dans la capitale de la Savoie qu'il ne quittera que pour deux courtes absences, le Ruhr en 1923 et la Tunisie en 1924.
L'instruction en montagne est remise en place avec méthode dès l'année 1926. Au cours de l'hiver 1926-1927, le Bataillon récupère le poste d'altitude de la Turra. Afin de former les jeunes recrues à la vie en montagne, le Bataillon organise des manoeuvres en hiver comme en été. Des centres d'instruction sont créés dont celui de lanslebourg.

De 1928 à 1938, le Bataillon possède sa légende vivante. Celle-ci incarnée par le chien FRlambeau, qui devient rapidement la mascotte des Chasseurs comme des cadres, les accompagnant dans toutes les manoeuvres, sorties ou manifestations et surtout transportant en hiver le courrier des Chasseurs de la Turra à Lanslebourg. Ce chien, dressé à la vie en altitude, secourt, durant ses dix années d'existence, pas moins de 10 civils ou militaires, justifiant ainsi l'élévation d'un monument en son honneur à Lanslebourg.

En 1940, le Bataillon prend part aux campagnes en Alsace puis en Norvège où il se distingue à Namsos et enfin sur la Somme où sa résistance héroïque lui vaut sa cinquième citation à l'ordre de l'armée. Après sa dissolution en novembre 1942, beaucoup de cadres et Chasseurs du 13 vont contribuer à la formation des maquis.
Reconstitué le 1er janvier 1945, à partir des Bataillons Savoies et de Maurienne, il participe aux combats de la libération en Tarentaise et en Maurienne, et se distingue particulièrement au Roc Noir dont il s'empre après 16 jours de combats menés à plus de 2000 mètres d'altitude. Cette action lui vaut sa 9e citation...



Les combats du Roc Noir...


Pour bien comprendre l'enjeu des combats qui opposent en ce début 1945 la 5e Demi-Brige Alpine aux forces de l'axe, il faut se rappeler que le col du Petit St-Bernard a été défini par le haut commandement allemand comme itinéraire de repli d'urgence.

Pour s'emparer du col, il faut au préalable s'assurer du contrôle de l'ensemble du Roc Noir, Redoute Ruinée, Mont Valaisan, une arête de 4 kilométres de long qui, non seulement, commande l'accés du col, mais aussi permet de surveiller toute la vallée jusqu'à Bourg-Saint-Maurice. C'est la clé de voûte de la défense du col. C'est pourquoi l'ennemi y a installé ses meilleurs troupes et toutparticulièrement les Gebirsjäger de la 5e Division de Montagne. Face à cet ennemi, le 13e BCA, un Bataillon de volontaires, installé depuis octobre 1944 dans la région, entre 1500 et 2000 mètres, mal équipé, mais bien armé et fermement décidé.

Le général Doyen, commandant le détachement de l'armée des Alpes, donne l'ordre de l'offensive de Printemps. La 5e Demi-Brigade reçoit la mission de s'emparer dès que possible du passage Saint-Bernard. Le 13e BCA occupe la partie centrale du dispositif. Il a sur sa gauche, le 7e BCA, et sur sa droite, le 27e BCA. Le 23 mars, après une intense préparation d'artillerie et de mortier, deux sections s'élancent à l'assaut du Roc Noir. Appuyée par la section Chevassu, la section d'Eclaireur Skieurs Lissner s'empare du "Rocher" du Roc Noir et fait 14 prisonniers. Mais fautes de munitions, la S.E.S ne peut enlever la côte 2342, qui constitue le point fort du Roc Noir, à 150 mètres de là.


Une tentative effectuée dans la nuit du 24 au 25 mars échoué. Le 27 mars, alors que d'importants renforts d'artillerie de 155 venant de la Première Division Française Libre sont mis à disposition de la Demi-Brigade, le colonel de Galbert lance l'ordre d'attaque générale. Malheureusement, le temps "bouché" gêne les artilleurs, et l'effet de neutralisation n'est pas obtenu. Les divers détachements d'attaques, soit sont repoussés, soit ne peuvent déboucher. Seul le détachement Desserteaux réussit un coup de main spectaculaire sur la crête entre le Mont Valaison et la Redoute Ruinée, en s'emparant d'un canon de 75 et de tous ses servant.

Une nouvelle opération est montée pour le 31 mars. Tous les moyens d'artillerie sont concentrés sur l'objectif du Bataillon. De 8 à 9 heures, les positions ennemies du Roc Noir, et le coil des Embrasures sont matraquées par les 155 et les mortiers.

A 9 heures, la section Chene donne l'assaut à la position de la côte 2342. Mais l'ennemi retranché réagit vigoureusement. On se bat au corps-à-corps. L'adjudant Chene est tué. La section subit une violent contre-attaque, et se trouve rejetée de la position. C'est un échec !


A 17h45, la section Weber prend pied sur 2342. Il faut nettoyer abri par abri, boyau par boyau. Jusqu'au soir, on se boit au piolet et à la grenade autour de la côte 2342. Enfin, à la la tombée de la nuit, les derniers défenseurs se rendent.

Le Roc Noir est conquis, mais à quel prix pour le 13 !
19 mort et 31 blessés...



4 commentaires pour “Le 13ème Bataillon de Chasseurs Alpins…
  1. mdr13bca dit :

    Vous pouvez laisser vos commentaires et/ou remarques ici !

  2. nicolas coutier dit :

    Bonjour. le frère de ma grand-mère paternelle, Henri Fontaine, du 13eme BCA, a été tué lors de l’assaut du 27 mars 45. D’après le peu que je sais il devait passer sergent et était un peu en avant de son groupe quand il est sorti du brouillard, vers 7H30 donc parmi les premiers à faire face à la tranchée ennemie. Il a été touché deux fois, à l’aine, puis à l’abdomen. Le groupe replié l’a récupéré vers 12h, vivant et conscient, puis il a été évacué jusqu’au poste de secours où il est mort vers 15h après un quart d’heure de comas. A part sa mort je ne sais rien de lui. On n’en parlait pas. Y’a t’il un ancien de ce groupe encore en vie qui l’a connu ? Y’a-til des infos sur lui ? Plus personne ne peut me renseigner dans ma famille maintenant. Comme si le silence imposé par le chagrin faisait disparaitre une seconde fois un jeune combattant. Quel vivant était-il, avant d’être une perte de guerre ?

    • mdr13bca dit :

      Bonjour Nicolas,

      Donc si je comprend bien, votre arrière grand-oncle (Mr Henri FONTAINE) devait faire parti du détachement Desserteaux ?

      Car si je suis les détails de votre commentaire plus haut (…a été tué lors de l’assaut du 27 mars 45…était un peu en avant de son groupe quand il est sorti du brouillard…), cela me fait penser à cet assaut spectaculaire qui est décrit dans mon article.

      En ce qui concerne vos questions :

      – Y’a t’il un ancien de ce groupe encore en vie qui l’a connu ?

      J’ai participé à la commémoration des combats du ROC NOIR cette année et à ma connaissance il ne reste plus beaucoup de personnes pouvant témoigner de cette période. Peux être une ou deux… Mais peux-être qu’elles ont connues votre arrière grand-oncle.

      – Y’a-t-il des infos sur lui ?

      Là comme çà, je ne peux pas vous répondre… Néanmoins je vais faire quelques recherches et peut-être que je pourrais trouver des infos !

      – Quel vivant était-il, avant d’être une perte de guerre ?

      Là malheureusement je ne pourrais rien pour vous. A mon humble avis, seule une personne l’ayant connu de son vivant pourrait témoigner de son caractère, de sa façon d’être, de penser, ou tout simplement qui il était au quotidien !

      Merci pour votre commentaire… Je vais faire quelques recherche et ne manquerai pas de revenir vers vous si toutefois je trouve quelque chose !

      Respectueusement

  3. CLERGUE MARION dit :

    Bonjour,

    Je fais des recherches généalogiques pour une amie, et son arrière grand père HUC Marcel Jean Maurice né le 31/07/1901 en Haute Loire, est en 1928 (à la naissance de son enfant) sous officier au 13 ème B.C.A.

    Seulement je ne retrouve pas son registre matricule ni la date de son décès. Auriez vous des informations concernant cet homme?

    En vous remerciant par avance.

    Cordialement.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Stats du site :

 Aujourd'hui :   1
 En ligne :   1
 Total :   10782

Tweets des Mdr du 13e BCA...